Pandémie - Covid19 - chap 4

Pandémie : où nous situons-nous face au Covid19 _ Chap. 4/5

Quatrième cercle : Exercer son esprit critique et se faire sa propre opinion.

Gestion de la pandémie : qu’en est-il de notre esprit critique ?

Hélas, trois fois hélas, l’humain industrialisé a perdu en grande partie son esprit critique. La télévision – et maintenant internet, véritable opium du peuple, les médias en général, formatent nos cerveaux en nous montrant ce que nous aimons voir : le sensationnel, le sang, la mort, ou à l’inverse, la chance extraordinaire de devenir riche via le hasard. Nous avalons ces images, ces paroles, sans les remettre en question. Et pourtant, dans un coin de notre tête, pour certains d’entre nous, nous savons que les médias tronquent l’information, malgré les cours de déontologie suivis lors des formations pour être journaliste. L’écran est devenu la plus puissante des drogues. Quand on veut savoir si une personne est dépendante de l’alcool, on lui propose de rester sobre un mois, sans faillir pour quelque raison que ce soit. Car on le sait, toute raison permettant à l’alcoolique de boire sera une bonne raison. Hé bien, faisons la même chose avec les écrans. Qui peut débrancher sa télévision pendant un mois sans trouver de bonnes raisons à ne pas le faire ? Qui peut quitter sa tablette, son smartphone pendant trente jours sans en souffrir ? Je vois déjà, en écrivant ces lignes, la montée de boucliers qu’une telle idée pourrait générer, ne serait-ce brandie au nom de la nécessaire information. Parlons-en de cette information.

On ne croit plus les médias ni les experts

Un exercice intéressant à faire est de regarder une suite d’émissions d’information qui se suivent le même jour. A une certaine époque, il était possible de regarder TF1, puis TV5, puis une retransmission en différé de A2, puis RTBF, puis EURONews. Il n’était pas rare de voir apparaître les mêmes images, mais avec des légendes fort différentes. Beaucoup de nos médias répondent à une obédience politique.  Au point de prendre la décision de censurer une personne publique comme un président des Etats Unis.(14)  Le problème, et c’est ce qui se passe de manière criante aujourd’hui, est que trop d’informations provenant de toute part et par ailleurs contradictoires, tue l’information. Tel média interview tel “expert”, qui prétend ceci, et tel autre va interviewer tel autre “expert”, qui prétendra cela, suffisamment différent de ceci pour qu’on s’y perde. Surtout si les soi-disant experts reçoivent par ailleurs des subsides conséquents pour leurs travaux par telle ou telle société, entreprise, association, qui verrait d’un mauvais œil des affirmations qui n’iraient pas dans le sens de leurs intérêts. Ça se passe déjà en justice, où les juges sont régulièrement confrontés à des “batailles d’experts”.

Il faut tuer la voix du Maître

Sur internet, et dans les réseaux sociaux, tout se dit et son contraire, avec la même conviction. Ainsi, quand on dit d’une personne qu’elle est morte du Covid, cela veut-il dire qu’elle était en bonne santé, avec un système immunitaire efficient, puis qu’elle a été contaminée exclusivement par ce virus, et qu’elle en est morte ? Ou est-ce que cela veut dire qu’elle est décédée suite à une comorbidité (présence d’un ou de plusieurs troubles associés à un trouble ou à une maladie primaire) où le virus Covid est venu donner la dernière goutte de trop ? Ou encore, est-ce que cela veut dire qu’elle était déjà à l’article de la mort (vieillesse, maladie grave en phase terminale), qu’elle est morte de sa belle mort, et qu’on découvre ensuite qu’elle avait le Covid ? Ou, pour continuer, est-ce que cela veut dire qu’elle est décédée (quelle qu’en soit la cause) alors qu’elle avait eu le Covid et s’en était tout à fait remise ? Lorsqu’un docteur en droit allemand (Mr Reiner Fuellmich) prétend dans une vidéo sur YouTube(15), je cite : [19:05] « il existe de nombreux rapports crédibles selon lesquels des médecins et des hôpitaux du monde entier ont été payés pour avoir déclaré une personne décédée comme étant victime du Covid 19 plutôt que d’inscrire la véritable cause du décès sur le certificat de décès. » [19:18], quelles sont ces sources vérifiables ? Comment consulter ces rapports ?

Il convient – me semble-t-il – d’être on ne peut plus prudent dans le fait de colporter telle ou telle information. Ainsi serait-il utile de “tuer la voix du Maître”, autrement dit de ne pas seulement répéter l’information reçue, mais plutôt de la vérifier de sorte que ce qui sort de notre bouche soit notre propre opinion, et non celle d’autrui.

Les passoires de Socrate

Par ailleurs, nous ne sommes pas dans le secret des alcôves. Il serait dès lors plus utile, à mon sens, de faire référence aux trois passoires de Socrate : la VÉRITÉ, la BONTÉ et l’UTILITÉ. Ce que l’on nous dit est-il vrai ? Peut-on le certifier sans risque d’erreur avant de colporter cette information ? Est-ce que de donner cette information génère de la confiance, de la joie, de l’assurance, ou plutôt de la peur, de la colère, voire du désespoir ? Enfin, relayer une telle information est-il vraiment utile ? Si l’on répond “non” à une de ces trois passoires, notre esprit critique se voilera la face, et nous participerons à l’instauration d’une ambiance anxiogène, délétère, digne des années les plus sombres de notre histoire.

Notre prochain et dernier épisode verra quelle conclusion je vous propose après ce survol.

(14) http://www.slate.fr/story/196902/donald-trump-couper-censure-medias-twitter-erreur-etats-unis
(15) https://www.youtube.com/watch?v=TRW4EMl16Do&feature=share&fbclid=IwAR2vGkOUUAeok4svcfzVi85sqw25EJClNkm9PeAF0_6AgXztnRyg92rM