Le syndrome de Stockholm et la gestion de la pandémie.

Syndrome

D’abord, attardons-nous sur ce qu’est le syndrome de Stockholm.

Le 23 août 1973, un évadé de prison tente de commettre un braquage de banque dans un quartier de Stockholm. L’intervention des forces de l’ordre l’amène à se réfugier avec quatre otages dans la chambre forte, revendiquant trois millions de couronnes, des armes, la libération de son compagnon de cellule (qui le rejoindra dans la banque), deux gilets pare-balles et un avion pour s’enfuir. Les négociations durèrent six jours, et les avis sont partagés concernant la manière dont les choses se sont passées. Toujours est-il que pendant ces six jours de négociation, les otages en sont arrivés à faire plus confiance aux ravisseurs, que dans les initiatives des forces de l’ordre. Le 25 août, un policier prend l’initiative de fermer la porte de la chambre forte, obligeant les six personnes à cohabiter dans une pièce fermée. Malgré ce cloisonnement, otages et malfaiteurs finirent par développer un sentiment mutuel d’estime, de sympathie, de compréhension, à tel point qu’une fois libérés, les otages et les criminels se prennent dans les bras, se disant au revoir chaleureusement. Après l’arrestation des voleurs, les otages refusent de témoigner à charge, se cotisent même pour assurer les frais de la défense des deux hommes, et vont même jusqu’à leur rendre visite en prison.(1)

Le syndrome de Stockholm apparait donc dans une situation traumatisante lorsque l’intégrité physique est fortement en danger (risque d’être tué) par autrui. Lorsqu’une prise d’otage débute, le choc vécu par les personnes victimes est extrêmement fort. En quelques secondes, leurs vies basculent et elle se trouvent menacées de mort. Comme dans beaucoup de vécus traumatiques, la sidération apparaît souvent dès le début de cette situation, soudainement dangereuse. Après le choc du basculement de la situation, une réorganisation psychologique s’impose. Il faut sauver sa vie, et donc obligatoirement s’adapter à la nouvelle situation pour y mettre en œuvre des ressources. Les victimes n’ont plus aucune autonomie et dépendent totalement de leur bourreau pour satisfaire leurs besoins. Finalement, c’est presque “grâce” à lui si elles peuvent manger, dormir, allez à la toilette, etc. Si en plus l’agresseur n’abuse pas de la situation, il commence même à être perçu comme quelqu’un de bien. Certaines victimes peuvent alors ressentir un sentiment de gratitude envers le preneur d’otages, et pour autant que la situation perdure, permettant d’intensifier les échanges, la victime adopte la pensée et le code moral du bourreau.

Il ne faut pas oublier que le syndrome de Stockholm est – en fait – un mécanisme d’adaptation à une situation dangereuse genre prise d’otages, avec la finalité d’en sortir vivant. Cette stratégie permet de réduire l’anxiété provoquée par le basculement soudain de la réalité vécue, mettant la victime en face d’un danger de mort bien présent. En s’attirant la sympathie de l’agresseur, la personne victime a l’impression d’augmenter sensiblement ses chances de survie, et donc fait ainsi baisser l’intensité de l’angoisse qui la traverse.

Comment apparaît-il et comment le reconnaître chez les personnes atteintes par ce syndrome ?

Il semblerait que ce syndrome apparaisse lorsque les facteurs suivants sont présents :
– La vie de la personne otage est perçue comme réellement en danger devant la détermination de l’agresseur ;
– L’otage ne peut pas s’évader et dépend de l’individu le menaçant ;
– La personne menacée n’a aucun contact avec l’extérieur ;
– Il n’y a pas d’antagonisme ethnique, religieux, de racisme ou de haine de la part des preneurs d’otage vis-à-vis des victimes ;
– La présence d’une cause à défendre par le ou les preneurs d’otage, ce qui permet de justifier la situation ;
– L’agresseur est perçu comme bienveillant (parce qu’il permet la satisfaction des besoins, parce qu’il parle gentiment, parce qu’il explique qu’il n’en veut pas personnellement aux personnes…) ;
– La durée de la prise d’otage est suffisamment longue pour permettre aux relations entre la personne victime et l’agresseur de s’étoffer (entre 3 et 4 jours minimum) (2);
– La personne victime ne doit pas connaître ce qu’est le syndrome de Stockholm et être ainsi capable d’en reconnaître son apparition.

Pour reconnaître un syndrome de Stockholm, il est utile de s’attarder sur les points suivants :
– La victime développe des sentiments positifs vis-à-vis de l’agresseur ;
– La victime ne se plaint pas d’agression, de violence, ou de maltraitance de la part de l’agresseur ;
– La victime cherche à justifier les actes de l’agresseur ;
– La victime peut même se positionner contre les interventions des forces de l’ordre ou de la justice.

Quel rapport avec la situation actuelle, en ce mois de décembre 2021 ?

Reprenons chaque facteur permettant l’apparition de ce syndrome de Stockholm :

La vie de la personne otage est perçue comme réellement en danger devant la détermination de l’agresseur.

Depuis mars 2020, la situation et la manière dont elle a été – et est encore – gérée suscitent au moins trois éléments qui révèlent combien notre vie est en danger :
1) La virulence et la dangerosité du virus lui-même, surtout au moment de la première vague ;
2) Les réactions disproportionnées de la police, des patrons d’institution, répondant en cela aux mesures liberticides imposées par les gouvernements, qui mettent clairement la sécurité, tant physique financière, sociale que psychologique en danger ;
3) Le risque accru d’hospitalisation des personnes vaccinées et l’augmentation de personnes mortes du vaccin.(3) Ainsi, le dernier rapport de Sciensano nous dit très officiellement : « Depuis la mi-juin 2021, on observe une augmentation de la proportion des personnes entièrement immunisées [lire, entièrement vaccinées] par rapport aux personnes non immunisées parmi les patients hospitalisés en raison du COVID-19. » (4) Cela est corroboré par une affirmation du Ministre de la Santé publique, Mr Frank Vandenbroucke qui reconnaît qu’il y a jusque 70% des patients admis dans les hôpitaux flamands à cause d’une infection au Covid-19 qui sont vaccinés. Il s’empresse d’ajouter que cela ne veut pas dire que le vaccin est inefficace, argumentant que si cela est, c’est parce que la Flandre est vaccinée jusque 90%. (5)

L’otage ne peut pas s’évader et dépend de l’individu le menaçant.

Je pense ici que le parallèle est flagrant. Les gouvernements prennent des mesures liberticides, et basent leurs décisions sur les conclusions d’experts, dont une majorité, pour ne pas dire l’unanimité, ont des liens avec des firmes pharmaceutiques.(6) Ces mesures deviennent rapidement discriminatives, et sont accompagnées de sanctions telles (licenciement, mise au chômage, amendes, voire emprisonnement, interdiction de circuler, d’aller dans tel ou tel lieu…) que la population ne peut pas s’évader, alors qu’elle dépend des décisions prises par ces gouvernements.

La personne menacée n’a aucun contact avec l’extérieur.

Là encore, le parallèle est assez facile. D’aucun diront que contrairement aux victimes d’une prise d’otages, nous avons gardé la possibilité de contact avec l’extérieur, soit via internet, soit par téléphone, soit encore en se rencontrant. C’est trop vite oublier les confinements qui se sont succédés, les véritables emprisonnements de nos personnes âgées, de nos malades, dans les maisons de repos ou dans les hôpitaux, les interdictions formulées par les gouvernements de se voir en personne, les couvre-feux qui – jusque là – n’avaient eu lieu qu’en période de guerre. Certes, nous ne fûmes pas enfermés dans un coffre-fort. Il n’en reste pas moins vrai que le champ de nos libertés s’est rétréci comme une peau de chagrin.

Il n’y a pas d’antagonisme ethnique, religieux, de racisme ou de haine de la part des preneurs d’otage vis-à-vis des victimes.

Si l’on considère que les gouvernements sont effectivement les preneurs d’otages (ils prennent en otage l’ensemble de la population), je pense qu’on peut dire qu’effectivement, ils n’ont de haine vis-à-vis d’aucun d’entre nous, pris individuellement. Leurs intérêts n’ont rien à voir avec nos personnes, en tant qu’individu, dans la mesure où pour eux, nous ne sommes que des chiffres.

La présence d’une cause à défendre par le ou les preneurs d’otage permet de justifier la situation.

Ici, la cause à défendre est – soi-disant – la survie de l’humanité. On peut beaucoup discuter sur cette cause à défendre. Est-elle légitime ? Ne l’est-elle pas ? Les moyens utilisés sont-ils corrects ?  Ou pas ? Il y a des pour et des contres, comme dans les prises d’otages dont la cause touche des valeurs ou comporte une possible validation morale. En tout état de cause, constatons que les gouvernements, au nom de la nécessité de réagir à la pandémie de la Covid19, prennent des mesures qui ont impacté et impactent encore de manière durable et négative la vie économique, sociale, psychologique, relationnelle de la population, chamboulant en plus les repères traditionnels puisque dorénavant une part énorme de celle-ci ne fait plus confiance aux hommes politiques de tous bords, aux médias subsidiés par les quelques familles les plus fortunées du monde, aux soi-disant “experts” qui défilent sur les plateaux télévisés, au monde pharmaceutique, aux ordres des médecins, à la police.

L’agresseur est perçu comme bienveillant (parce qu’il permet la satisfaction des besoins, parce qu’il parle gentiment, parce qu’il explique qu’il n’en veut pas personnellement aux personnes…).

Les agresseurs sont perçus comme bienveillant par une partie de la population dans la mesure où ils permettent la satisfaction des besoins… pour autant que vous fassiez ce qu’ils vous demandent de faire. Ils n’en veulent pas personnellement à la population, mais elle doit obéir pour son bien. Leur discours paternaliste, c’est-à-dire comme un parent qui parle à son enfant, mélange allègrement promesse de récompenses, et promesse de sanctions. Un tel discours fait partie des stratégies permettant de manipuler un peuple (ce que l’on appelle l’ingénierie sociale)(7) et amène certaines personnes issues de cette population à les croire.

La durée de la prise d’otage est suffisamment longue pour permettre aux relations entre la personne victime et l’agresseur de s’étoffer (entre 3 et 4 jours minimum).

Bon… Là, on en est à 20 mois ! Le temps est suffisamment long pour permettre à certaines personnes de s’habituer aux mesures prises, de se laisser impressionner (dans le sens d’imprimer) par le rabâchage des médias à la solde des preneurs d’otages, par les discours lénifiants des hommes politiques, et de se persuader elles-mêmes que d’obéir est la meilleure chose à faire pour soutenir ces décideurs qui nous veulent tellement du bien. Problème : une autre partie de la population n’est pas du tout d’accord, propose des débats contradictoires (systématiquement refusés) et oppose d’autres experts reconnus à ceux qui “conseillent” les gouvernements, ces derniers conseilleurs ayant bon nombre de liens d’intérêt (pour ne pas parler de conflits d’intérêt) avec des firmes pharmaceutiques et consort.(8)

La personne victime ne doit pas connaître ce qu’est le syndrome de Stockholm et être ainsi capable d’en reconnaître son apparition.

C’est le pourquoi de cet article. Une partie de la population prend fait et cause pour les gouvernements et semble accueillir avec fatalisme, quand ce n’est pas avec confiance les décisions prises par ces derniers. Mon propos ici n’est pas de me battre contre des moulins à vent en voulant “prouver” qu’une partie a tort et une autre raison. Je veux juste attirer votre attention critique sur le fait que la situation actuelle rassemble les différentes caractéristiques permettant au syndrome de Stockholm de sévir, au niveau d’une population.  Et si ce syndrome se fait sentir, c’est qu’il y a un agresseur.  Et cet (ou ces) agresseur(s)s ne peut(-vent) être la population, ou même une partie (vaccinée ou non-vaccinée).  Il faut regarder dans la direction de qui nous impose tout ce qui nous agresse : j’ai nommé les gouvernements, et plus précisément, les personnes qui décident, et celles qui se taisent.

Or, il suffit de revisiter les caractéristiques des personnes victimes de ce syndrome pour se rendre compte qu’il est – apparemment – déjà bien présent. Ainsi, constatons que des personnes développent des sentiments positifs vis-à-vis de l’agresseur (lire des gouvernements), trouvent normal, ou en tout cas ne se plaignent pas outre mesure des agressions, de la violence, ou de la maltraitance provenant des agresseurs, allant même jusqu’à justifier ses actes et à crier à l’injustice devant l’opposition que cela engendre dans une autre partie de la population.

Finalement, si je devais reprendre l’exemple de la prise d’otage de Stockholm et l’adapter à la situation actuelle, je dirais que dans la chambre forte où furent enfermés les malfaiteurs et leurs otages, une partie de ces derniers était pour les preneurs d’otages, et l’autre était contre. Les malfaiteurs assistent alors à une “guerre” entre les deux clans, eux-mêmes restant bien sagement à l’extérieur du conflit, alors qu’ils l’ont initié, voire nourri.
Quand les malfaiteurs seront arrêtés, ce sera à la population de panser ses blessures.  Il y aura plusieurs axes à prospecter alors.(9)

Je vous souhaite le meilleur.

(1)  LANG D. Stockholm 73. Allia, 2019, 112 pages. ISBN : 979-10-304-1041-9, pp.7-24 [consulté le 02-10-2021], Disponible à partir de l’URL : https://www.editions-allia.com/fr/livre/834/stockholm-73

(2) Santé sur le Net. Syndrome de Stockholm.  [en ligne]  2018 [consulté le 28-12-2021] Disponible à partir de l’URL : https://www.sante-sur-le-net.com/maladies/psychiatrie/syndrome-de-stockholm/

(3) Notre-planète.info.  Vaccination contre la Covid-19 : un remède pire que le mal ?  [en ligne]  2021  [consulté le 28-12-2021]  Disponible à partir de l’URL : https://www.notre-planete.info/actualites/4849-vaccins-COVID-19-risques-morts

(4)  Sciensano.  Rapport thématique : couverture vaccinale et impact épidémiologique de la campagne de vaccination covid-19 en Belgique – Données jusqu’au 31 octobre 2021 inclus.  [en ligne]  2021 [Consulté le 28-12-2021]  Disponible à partir de l’URL : https://covid-19.sciensano.be/sites/default/files/Covid19/COVID-19_THEMATIC_REPORT_VaccineCoverageAndImpactReport_FR.pdf

(5)  AZAR J. in DAARDAAR.  70% des Flamands hospitalisés sont vaccinés, mais les vaccins fonctionnent bel et bien.  [en ligne]  2021  [Consulté le 28-12-2021]  Disponible à partir de l’URL : https://daardaar.be/rubriques/societe/70-des-flamands-hospitalises-sont-vaccines-mais-les-vaccins-fonctionnent-bel-et-bien/

(6)  Kaᴉros.  Le tort d’avoir raison trop tôt.  [en ligne]  2020  [Consulté le 28-12-2021]  Disponible à partir de l’URL : https://www.kairospresse.be/le-tort-davoir-raison-trop-tot/

MONTAY J. in RTBF Info.  Experts de la santé et conflits d’intérêts : quelle transparence ?  [en ligne]  2020  [Consulté le 28-12-2021]  Disponible à partir de l’URL : https://www.rtbf.be/info/societe/detail_experts-de-la-sante-et-conflits-d-interets-quelle-transparence?id=10628242)

(7) Wikipédia.  Ingénierie sociale.  [en ligne]  2018  [consulté le 28-12-2021]  Disponible à partir de l’URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ing%C3%A9nierie_sociale

(8) Nguyen Dang J., Zagdoun B. in FranceInfo : Conflits d’intérêts : le Conseil scientifique est-il lié aux laboratoires pharmaceutiques, comme le sous-entend Didier Raoult ?  [en ligne]  2020  [consulté le 28-12-2021]  Disponible à partir de l’URL : https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/conflits-d-interets-le-conseil-scientifique-est-il-lie-aux-laboratoires-pharmaceutiques-comme-le-sous-entend-didier-raoult_4031489.html

(9)  Roulin S. Pandémie : où nous situons-nous face au Covid19 ?  [en ligne]  2020  [consulté le 28-12-2021]  Disponible à partir de l’URL : https://stephanroulin.be/pandemie-ou-situons-nous-1/