Le syndrome d'Asperger

Le syndrome d’Asperger

Qu’est-ce que le syndrome d’Asperger ?

Le syndrome d’Asperger est un trouble neurologique du spectre autistique (TSA) qui touche le cerveau et qui fait partie des troubles envahissants du développement. Il touche entre 350.000 et 600.000 personnes à travers le monde et qui se manifeste dès l’enfance, privilégiant – si on peut dire – les garçons, exposés environ 4 à 5 fois plus que les filles.
Les TSA se caractérisent par des déficits significatifs au niveau des interactions sociales et de la communication au quotidien, ainsi que par des comportements atypiques (intérêts restreints ou répétitifs).

Le syndrome d’Asperger se manifeste donc par des difficultés à communiquer, à établir des rapports sociaux, à supporter le bruit ou un environnement très stimulant. Ces personnes atteintes ont des difficultés à comprendre l’abstrait et les émotions. Ils sont capables d’éprouver des sentiments tels que l’amour, mais de façon différente.

Les causes

Les causes de ce trouble, qui n’est pas une maladie, sont inexpliquées, même si on s’intéresse particulièrement à une origine neuro-biochimique, associé à un problème génétique faisant probablement intervenir plusieurs gènes. Ce syndrome se distingue par le fait que l’intelligence de la personne atteinte demeure intacte bien que les troubles neurologiques affectent l’activité du cerveau. Les sujets atteints ont des difficultés à se sociabiliser et à interagir avec les autres personnes. Il s’agit d’un handicap chronique que l’on ne peut retirer.

Chez les enfants

Les enfants atteints de syndrome d’Asperger sont souvent des enfants intelligents, perfectionnistes et exigeants qui accordent une importance particulière aux détails pouvant échapper aux autres. Ils ont des centres d’intérêt précis qui sortent parfois de l’ordinaire pour des enfants de leur âge, par exemple la conquête spatiale ou les trains. Ils sont doués d’une mémoire remarquable et la logique est le fondement de leur raisonnement. Ils possèdent également une grande lucidité et une bonne capacité d’analyse.
Les principaux symptômes des troubles du spectre autistique chez les enfants varient de l’un à l’autre. Voici donc ici ce qui ne sont que des tendances générales :
• L’enfant souffrant de TSA peut être assez taciturne. Il parle peu, il éprouve des difficultés à s’exprimer verbalement et semble ne pas comprendre tout ce qu’on lui dit ;
• Plutôt naïf, il ne comprend pas les codes sociaux, les notions abstraites et les jeux de mots ;
• Il peut marcher sur la pointe des pieds ;
• Il souffre de tics moteurs et de stéréotypie (mouvements répétitifs et rythmiques, sans but apparent) et adopte souvent une posture particulière ;
• Il est maladroit ;
• Il a du mal à comprendre les mimiques et les expressions abstraites (par exemple, il ne réagit pas lorsque vous lui montrez quelque chose en pointant du doigt) et utilise, par conséquent, très peu de gestuelles pour communiquer ;
• Il ne réagit pas systématiquement à l’appel de son nom ;
• Il est particulièrement sensible aux bruits forts et à la lumière ;
• Il tolère difficilement les changements et les situations qui lui sont étrangères (crise de colère, de panique) et est très attaché aux routines ;
• Il ne regarde pas dans les yeux pendant une conversation (regard fuyant) ;
• Il a du mal à reconnaître les visages ;
• Il n’arrive pas à comprendre les expressions faciales ni à interpréter intuitivement les émotions des autres ;
• Il a tendance à répéter les mots, notamment les consignes que vous lui donnez ;
• Il fait une fixation sur ses sujets de prédilection ;
• Il n’est pas à l’aise en groupe et ne participe pas aux jeux sociaux ;
• Il ne répond pas aux gestes affectueux.

L’enfant présentant un syndrome d’Asperger possède un quotient intellectuel supérieur ou égal à 70 tandis que l’enfant autiste en a beaucoup moins.

Chez l’adulte

Chez l’adulte, le syndrome d’Asperger continue à présenter les mêmes symptômes avec trois axes (ce que l’on appelle la triade autistique) comme chez l’enfant :
• Une altération de la communication, c’est-à dire une difficulté dans la communication verbale et non verbale. Une personne présentant ce symptôme a du mal à décoder le sens d’une expression du visage, la tonalité de la voix, l’humour, les doubles sens, les métaphores, le sens figuré, l’ironie, et le sens des gestes… Elle doit l’apprendre et ne l’intègre pas automatiquement comme les autres personnes le font. Elle peut donc sembler distante, froide, usant parfois d’un langage qualifié de précieux (vocabulaire recherché) et semblant éviter de regarder dans les yeux. Le détail prime sur la globalité.
• Une altération qualitative des interactions sociales réciproques, c’est-à-dire une difficulté à créer des liens avec d’autres, à avoir des amis, des difficultés dans les échanges émotionnels amicaux et amoureux (comment reconnaître les émotions et les gérer), à comprendre les règles tacites de conduite sociale (les us et coutumes).
• Des intérêts restreints (en nombre ou très forts en intensité) et des comportements répétitifs et stéréotypés qui sont a priori une manière de contenir l’anxiété intérieure. De ce fait, il y a un besoin de routine et une difficulté d’adaptation aux changements et aux imprévus.
• Des perceptions sensorielles souvent exacerbées, par exemple hypersensibilité au bruit, à la lumière, aux odeurs, intolérance à certaines textures. Cette surcharge sensorielle peut varier en intensité et dans le temps.

On l’a déjà dit : le syndrome d’Asperger n’est pas une maladie. Cette structure psychique différente de la majorité des gens oblige la personne la possédant à construire des passerelles entre comment elle imagine que doit fonctionner le monde, et comment il fonctionne. Une fois ces passerelles établies, une fois avoir acquis la connaissance des us et coutumes, des règles qui régissent les relations (règles différentes selon des catégories de relation différentes), cette structure de fonctionnement présente de bons côtés. Ainsi, peut-on voir apparaître :

• une grande honnêteté, la fidélité dans les rapports humains, de la fiabilité et de la loyauté ;
• l’absence de préjugés
• une pensée originale et, dans certains cas, des intérêts spécifiques ;
• dans un environnement propice, une extraordinaire volonté de s’adapter à la norme, au prix d’efforts considérables, ce qui permet une bonne évolution ;
• la capacité de percevoir et de mémoriser les détails peut leur permettre d’exceller dans certains métiers.